"Attendu que la loi
pénale est d'interprétation stricte; qu'il n'existe aucune
présomption de mauvaise foi du fait du recours à un logiciel de
partage ni aucune présomption de refus d'autorisation de mise en
partage des ayants droit d'œuvres musicales; que ce type de
logiciel permet également d'accéder à des fichiers d'œuvres
tombées dans le domaine public, autorisées par leurs ayants
droit ou libres de droits; qu'en l'espèce, sur 1875 fichiers
musicaux, objets de la poursuite, seuls 1212 correspondent à des
œuvres dont la situation juridique est définie de façon
certaine.
Attendu qu'en procédant
au téléchargement de fichiers musicaux, le prévenu a seulement
placé une copie des œuvres dans des répertoires partagés
accessibles à d'autres utilisateurs; qu'il ne disposait d'aucune
information pour éviter l'usage d'œuvres dont la diffusion
n'était pas licite; qu'en particulier, le logiciel KAZAA ne
permet pas de distinguer les fichiers d'œuvres selon leur
catégorie juridique; que l'absence de vérification préalable,
sur les bases de données des auteurs ou éditeurs, de la
possibilité de disposer librement d'une œuvre ne saurait
caractériser une intention coupable;
Attendu que par ailleurs
les articles L.311-4 et suivants du code de la propriété
intellectuelle, qui organisent la rémunération de la copie
privée, visent l'ensemble des supports d'enregistrement
utilisables pour la reproduction à usage privé d'œuvres, sans
exclure les supports numériques; que ce cadre juridique permet
de préserver les intérêts légitimes des ayants droit des œuvres;"