L'histoire de l'empire de BYZANCE et de sa crise iconoclaste nous donnent une mesure de la crise actuelle : que l'on casse des icônes ou vilipende des caricatures c'est d'abord pour le pouvoir.
Au VIIIème siècle, inquiet pour son pouvoir absolu, Léon III, empereur de Byzance, avait ordonné la destruction des icônes, dont le culte entrait en concurrence avec sa souveraineté.
Son fils, Constantin V, rédigea une motion, joliment intitulée « Peusis » - Interrogations - où l’on expose que l’image peinte du Christ est subversive. Le concile de Hiéreia en 754 entérina ladite motion.
Mais en 787, sous l’impératrice Irène, le concile de Nicée condamna l’iconoclasme et rétablit le culte des images.
En occident, Charlemagne décida que les images saintes ne devaient servir qu’à l’instruction de ceux qui ne savent pas lire.
Cette doctrine fut entérinée lors du concile de Francfort en 794 où l’on condamna la doctrine de Nicée.
Le pape Adrien condamna la position de Charlemagne et soutint Byzance, sans reconnaître pour autant l’autorité du concile de Nicée.
L’iconoclasme reprit au IXème siècle sous Léon V. La motion du concile de Nicée fut condamnée, mais l’on tolérait les images pour autant qu'on ne les dise pas d'essence christique.
Profitant de cette ouverture libérale, le patriarche Nicéphore et Théodore le Studite, développèrent alors une théorie iconophile raisonnée, en réponse au « Peusis » de feu Constantin V : L’image n’est pas d’essence divine mais exprime le caractère sacré de son modèle. En accédant à l’image du Christ fixée par le dessin, le croyant accède au Christ dans une même adoration. C’est déjà l’image mass media.
L’icône, est une copie du Christ, par analogie, strictement réservée à l’usage des fidèles, à l’exclusion de toute utilisation d’adoration collective, à l’exclusion de toute utilisation publique.
Malgré cette codification de la propriété spirituelle des images par Nicéphore et Théodore le Studite, la persécution des iconophiles reprit en 835 sous Théophile :
Le culte des images fut finalement rétabli par l’impératrice Thédora, lors du synode de Kanikléion dont les décisions sont proclamées le 11 mars 843.
L’Eglise orthodoxe commémore chaque année le triomphe des images à l’occasion du premier dimanche de Carême.